Le Cours de Modèle Vivant en Dessin

Le Cours de Modèle Vivant en Dessin

Ce Dimanche 12 Janvier à 14h00 à Lyon, j’organise un atelier de Modèle Vivant pour les dessinateurs. Du coup, je vais vous expliquer de quoi il s’agit et pourquoi il me semble intéressant et complémentaire de dessiner un modèle vivant qu’uniquement via des références figées (photos …).

Qu’est-ce que le modèle vivant ?

Le dessin de modèle vivant est une séance de dessin, individuelle ou en groupe, grâce à une référence – ou modèle – vivante qui pose, très souvent, nu. Ce sont des hommes ou des femmes qui, pendant 1 à 2 h, explorent les lignes et le fonctionnement biomécanique du corps humain avec des poses figées laissant entrevoir la physiologie de notre anatomie, notre morphologie et notre musculature.

Le dessin de modèle vivant existe depuis des siècles et des siècles. Bien évidemment, avant la photographie, les modèles vivants étaient une référence obligatoire car unique. Certains artistes de l’époque préféraient des natures mortes ou des paysages plutôt que du modèle vivant. Mais nombreux sont les œuvres de nu, érotiques ou vêtues qui ont trouvé naissance grâce à un modèle vivant nu : notamment les femmes ! En effet, le corps de la femme fut considéré, même si cela est encore le cas, comme une oeuvre d’art à lui-même, une source d’inspiration et une muse sans fin pour exploiter les émotions dans les domaines artistiques, tous styles confondus.

Pourquoi dessiner un modèle vivant ?

Apprendre les proportions

Le modèle vivant ne trompe pas. Bien que la chirurgie esthétique soit démocratisée, le corps humain en « direct » est plus vrai que nature, et bien plus vrai que ce que nous, êtres humains, souhaitons partager en photographie. Retouches, effets d’optiques et vues en plongées sont les ennemis de l’apprentissage des proportions.

Bien que chaque être humain possède ses propres proportions via une morphologie donnée génétiquement, notre squelette « moyen » offre une base solide sur laquelle apprendre à dessiner et acquérir « l’oeil de la proportion ». Ce que l’expression appelle « avoir un compas dans l’oeil ».

Apprendre l’anatomie

L’anatomie humaine est l’une des plus difficiles et complexe de la nature vivante. Notamment car notre pilosité presque inexistante laisse apparaître et suggère plus fortement notre anatomie musculaire, notre fonctionnement biomécanique et notre squelette. Si le dessin du poil ou des plumes d’un animal sont fastidieux, les corps nus (comme les êtres humains et les chats Sphinx par exemple) sont des exemples même du besoin de compréhension tout entière du modèle et de son fonctionnement.

Si vous comprenez le mécanisme du bassin ou du genou, vous arriverez mieux à dessiner des personnages en mouvement ou des scènes d’action. Si vous comprenez la forme du crâne et de ses petits muscles, vous arriverez mieux à dessiner des émotions réelles et profondes. Si vous comprenez le fonctionnement des articulations et de ses mouvements verticaux, rotatifs ou horizontaux.

Apprendre la fluidité du trait

Les compétences développées lors du dessin de nu :

Le dessin d’observation

Le dessin, ce n’est qu’une histoire d’oeil. On dit que 90% du travail d’un dessin provient de l’observation. Les 10% restants, de la technique appliquée (et des outils utilisés). En effet, l’utilisation gracile et technique de nos doigts n’est pas le problème des personnes qui n’arrivent pas à dessiner. C’est un problème d’observation de l’oeil puis de compréhension du cerveau pour appliquer de manière similaire grâce à un outil de dessin quel qu’il soit. L’observation est alors une qualité et une compétence essentielle.

La compréhension du corps

Comme je l’ai expliqué plus tôt, le corps humain est complexe, et notre observation couplée à notre compréhension se doit d’être approfondie avant de pouvoir dessiner des scènes et des personnages tout droits sortis de notre imagination. Reproduire ce n’est pas savoir dessiner. Recopier la même ligne qu’observé sur un modèle vivant c’est une première étape. Mais nous nous devons d’entrevoir et d’analyser l’organisation du corps humain et ses mécanismes pour associer les lignes et les traits à un mouvement, à un objectif physiologique.

La création de personnages fictifs

Ainsi, ce travail sur un existant (un modèle réel et vivant) est une expérience d’apprentissage essentielle pour arriver à créer et dessiner nos propres personnages. Ils peuvent avoir une apparence humaine ou être des hybrides humano-animaux. Peu importe, votre seule limite sera votre imagination par la suite ! Mais il sera plus facile pour vos lecteurs et lectrices d’adhérer à votre univers fictif et fantastique qu’ils y retrouvent des mécanismes organiques et des détails biologiques réels (même inconsciemment !)

Quant aux références photos,

C’est très utile car pratique. De simples photos nous permettent d’apprendre seul-e à dessiner, à nous expérimenter, à découvrir et observer. Mais ces plans figés et en 2D ont une limite que le modèle vivant n’a évidemment pas. Le 3D permet une meilleure observation et compréhension pour dessiner … en 2D ! Or c’est à nous de reproduire et d’induire un aspect 3D et des formes sur nos dessins grâce aux jeux d’ombres, de lumières, de couleurs, de points, de hachures etc …

Le modèle vivant est une base essentielle, et les références photos le complètent. Ainsi, si vous avez l’opportunité d’assister à des ateliers de dessin avec modèles vivants, je vous le recommande bien évidemment !

Où pratiquer le dessin de modèle vivant ?

Les ateliers spécialisés comme Ligne Clair ont des objectifs pédagogiques très précis pour l’observation et la compréhension du dessin. Nul besoin de savoir recopier, il est d’autant plus essentiel de jouer avec les mécanismes acquis pour créer des positions, des mouvements d’après le modèle posant, nu.

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